Un recueil tout en finesse qui évoque les paysages flamands, les brumes et les peupliers « travestis comme des filles de Klimt » et où chacune des treize nouvelles fait référence à des chansons, des romans, des tableaux liés au « plat pays » dont parle J. BREL et auquel le titre renvoie… « quand les fils de novembre nous reviennent en mai ».
Dès la première nouvelle intitulée « Comme à Ostende », c’est la chanson de L. FERRE qui hante un « fils de novembre » avant de fuir la ferme familiale pour aller voir « les chevaux de la mer… ».
Puis le lecteur est plongé à Bruges dans une histoire de faussaire et d’un jeune modèle qui physiquement rappelle l’ange peint au XVe siècle par MEMLING dans « le Mariage mystique de Sainte-Catherine ».
Dans la troisième nouvelle, un vieux peintre tombe littéralement sous le charme du retable de « l’Agneau mystique » de VAN EYCK qu’il retrouve exposé dans la cathédrale de Gand après 3 ans de restauration (lire Harfang n° 57). On s’interroge ensuite avec Thomas pour savoir si « L’estampe » a été tirée d’après la plaque qu’il a gravée ou si elle est sortie de l’atelier de SEGHERS, graveur à Amsterdam, proche de REMBRANDT.
Alors que « Le silence de la cendre » explore les mystères de la photographie et rappelle « Les nouvelles de la photographie » (lire Harfang n° 56), « La plage de Scheveningen » multiplie les références littéraires avec le roman de P. GADENNE (1952) et aussi picturales avec les tableaux de RUYSDAEL et de A. VAN DE VELDE au XVIIe siècle : pour Greet, il s’agit de vérifier que littérature et peinture ne mentent pas. « Van de Velde n’a pas menti » s’exclame-t-elle face à la plage.
La littérature rejoint aussi la réalité pour Emma qui veut passer un week-end en solitaire pour se ressourcer dans le Nord et qui emporte dans son sac « La maison dans la dune » de M. VAN DER MEERSCH (1932).
Enfin, dans « La naissance d’Ulysse » la référence se fait mythologique et cinématographique quand sur la plage de Knokke-le-Zoute un jeune rencontre une vieille dame sur le tournage d’un film : Agnès Varda en personne ! Elle le baptisera du prénom d’Ulysse car il « regarde la mer comme Ulysse, l’homme rusé qui rêve de départ ».
Quand les nouvelles brillent de mille éclats de tableaux, de livres, de films, de chansons, le lecteur ne peut que se réjouir et s’enrichir.
Joël Glaziou Harfang N° 62

nices!! Ecrire un jardin
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